Le Roman d'un spahi
Extrait
Il y avait trois ans que Jean Peyral avait mis le pied sur cette terre d’Afrique, — et depuis qu’il était là, une grande transformation s’était faite en lui. Il avait passé par plusieurs phases morales ; — les milieux, le climat, la nature, avaient exercé peu à peu sur sa tête jeune toutes leurs influences énervantes ; — lentement, il s’était senti glisser sur des pentes inconnues ; — et, aujourd’hui, il était l’amant de Fatou-gaye, jeune fille noire de race khassonkée, qui avait jeté sur lui je ne sais quelle séduction sensuelle et impure, je ne sais quel charme d’amulette. À vingt ans, le sort l’avait pris à sa vieille mère qui pleurait. Il était parti comme d’autres enfants de son village, — en chantant très fort pour ne pas fondre en larmes. Sa haute taille l’avait fait désigner pour la cavalerie. L’attrait mystérieux de l’inconnu lui avait fait choisir le corps des spahis.
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